Une personne sur trois est célibataire, par choix ou de façon subit

Si notre société est de plus en plus individualiste et si le mariage n’est plus un passage obligé, la pression familiale et sociale demeure très forte. Cependant, les célibataires d’aujourd’hui assument et certains vantent même les avantages de leur vie en solo, sans pour autant en faire obligatoirement un projet de vie. D’autres, comme Léa 41 ans, affichent leur désenchantement : « Je ne me marierai pas, j’ai vu trop de désastres autour de moi. En revanche, je ne dis pas que je ne craque pas de temps en temps. Avoir un compagnon de route est appréciable, mais pas à temps plein. »

Il est loin le temps où on se moquait des Catherinettes et des vieux garçons.

Parmi ceux qui vivent seuls, ils sont nombreux à affirmer qu’il est possible de s’épanouir en dehors de la vie de couple : « (…) le diktat du couple n’existe plus, analyse le psychothérapeute Dominique Contardo-Jacquelin. Le couple est l’une des facettes de la construction de l’identité. Aujourd’hui, chaque individu est autorisé à devenir lui-même, sans pour autant être en adaptation avec quelqu’un d’autre. » Et ce choix est dorénavant possible pour les femmes qui ont acquis leur indépendance financière en 1965. « Pendant longtemps, les femmes se sont définies par rapport à leur mari, ajoute Dominique Contardo-Jacquelin. Aujourd’hui, c’est terminé. Chez de plus en plus de personnes, on retrouve une exigence fondamentale : devenir soi, définir ses goûts, faire des choix… soi-même. Et non en fonction d’un autre ».

Mais les célibataires ont beau affirmer qu’on peut exister autrement qu’en couple, ce dernier reste quand même la norme dans notre société actuelle.

Isabelle a 37 ans, seule et sans enfant, témoigne :
«  Lors des réunions familiales, je génère de l’indifférence ou de la gêne. Au travail, j’essuie toutes sortes de remarques. Auparavant, cela me faisait bondir. Maintenant, j’essaye de me détacher de ce miroir qu’ils projettent sur moi et qui n’est en rien mon reflet. »
Le célibat va donc jusqu’à déranger, et l’incitation à être en couple demeure très forte. Pour preuve ce Salon du divorce, de la séparation et du veuvage qui s’est tenu pour la première fois en novembre 2009 à Paris. Du club de rencontre au coaching, tout est fait pour inviter les nouveaux célibataires à ne pas le rester. Les médias, la publicité, les sites de rencontre… partout, le couple est vanté. «  Il est difficile d’être seul, affirme Jean-Michel Hirt, psychanalyste. Beaucoup de gens sont convaincus, et je crois, à juste titre, que la grande aventure d’une vie est une histoire d’amour. C’est ce qui est le plus exaltant.  »

Eva, 36 ans, séparé du père de ses enfants depuis 3 ans, témoigne :
«  Au début, j’étais complètement perdue. Je n’avais jamais vécu seule. (…) Les premiers à avoir fait pression sur moi, ce sont mes enfants (…) Nous en avons beaucoup discuté ensemble. Aujourd’hui, ils n’y trouvent pas la même urgence. Je suis très bien toute seule et ils l’ont compris. Avant, j’avais « le fantasme de la famille Ricorée ». C’est terminé. Il me faut trouver un nouveau modèle. (…) Pour moi, ce célibat n’est évidemment pas un projet de vie. Mais c’est un fait auquel je me suis habituée, auquel j’ai pris goût. Parfois, je suis un peu troublée de constater à quel point je vis bien cette solitude. Je me demande même si je n’ai pas perdu la capacité d’aimer. Mais je ne crois pas. (…) Aujourd’hui, j’ai découvert mes propres goûts, mes limites. Je me sens très libre, très forte. Finalement, je me suis découverte d’assez bonne compagnie. »

Pourquoi se sentir en faute d’être seul(e) ? Et si bien vivre son célibat et s’y épanouir était le meilleur moyen de (re)trouver l’âme sœur, de la choisir en pleine conscience, d’être heureux et de se réaliser en couple ?

Avant d’être heureux en couple , il faut être heureux seul...

Et vous , qu’ en pensez-vous ?

Sources :
Psychologie, le 22/02/2020 : Peut-on être célibataire et heureux ? par Margaux Rambert