Pendant plusieurs longues années, Léa a subi les menaces et les coups de son compagnon, ainsi qu’une forme plus insidieuse de violence : "Une sorte de racket", confie la jeune femme ; une violence économique qui l’a maintenue sous la coupe de son agresseur, aujourd’hui condamné à 8 ans de prison. "Il aimait avoir de l’argent, sans s’en donner les moyens", explique Léa. Des petits boulots de courtes durées ne lui permettant pas d’assumer son train de vie, "tous mes revenus (juste au-dessus du SMIC) y passaient", ajoute-t-elle. Les impayés se sont accumulés ; elle a alors commencé à s’isoler de ses amis ainsi que de ses proches, et à se priver de tout. "Un matin il s’est réveillé avec l’envie d’avoir une terrasse. Je lui ai dit que je n’avais plus d’argent sur mon compte. Ill m’a répondu que je mentais, m’a ordonné de trouver de l’argent, quitte à demander à ma famille." Et pour conclure, Roberto a fracassé le caméscope et le téléphone portable de Léa...
Léa aurait voulu partir avec son fils. Mais, où aller pour échapper à son conjoint, et comment payer un loyer alors qu’elle était déjà criblée de dettes ? Au bout de deux années de cette violence quotidienne, elle a enfin brisé le silence et trouvé refuge chez une tante
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Souvent premières manifestations de maltraitances conjugales, la violence économique, est pourtant encore mal identifiée. Selon les appels au 3919, numéro national de référence pour les femmes victimes de violences, 20% de femmes appelantes dénoncent la violence économique au sein de leur couple.
Helen, une américaine de 43 ans, raconte : « Il m’a graduellement écartée de toutes les décisions financières et de l’accès à mon propre argent parce qu’il disait que je « gérais mal ». Il me donnait une « allocation » de 200 $ par semaine pour mes « dépenses personnelles », c’est-à-dire l’épicerie pour nous cinq, la pharmacie, mon essence, les vêtements de nos trois enfants... alors que j’avais pourtant un bon salaire. C’était largement insuffisant. Quand je demandais plus, il me faisait croire qu’on avait des dettes et que c’était impossible, ou me disait que je devrais simplement mieux gérer...  »
Tout un processus lent et insidieux visant à prendre le contrôle total des finances et à placer la victime en situation de dépendance. « Les violences économiques sont l’un des moyens utilisés pour prendre le pouvoir sur son ou sa conjointe », explique Anne Bouillon, avocate au barreau de Nantes et spécialiste en droit des femmes.

Il est difficile de sortir seul(e) de cette situation. Aussi ne faut-il pas hésité à en parler à une personne de confiance, famille, collègue, ami, médecin, avocat, à contacter une assistante sociale ou un numéro d’écoute comme le 3919. Il existe des solutions…


Sources :
https://www.dossierfamilial.com/actualites/famille/les-multiples-formes-des-violences-economiques-au-sein-des-couples-879027
https://www.vie-publique.fr/en-bref/278396-violences-economiques-premiere-manifestation-de-la-violence-conjugale
https://sosviolenceconjugale.ca/fr/outils/sos-infos/6-formes-de-violence-economique