Une histoire d’amour qui échoue et toujours la même une question : pourquoi ?

En réalité, c’est la peur d’aimer qui conduit souvent au sabotage d’un possible bonheur, pour « fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve », comme le chantait Jane Birkin sur des paroles de Serge Gainsbourg.

Comment expliquer cette peur de s’engager dans une relation amoureuse ?

Redouter de s’engager, d’être quitté ou trompé… Nos craintes sont plus ou moins handicapantes. Leur influence dépend de notre degré de sécurité intérieure, laquelle se construit durant l’enfance.

Un sentiment de fragilité

Lorsqu’on aime profondément quelqu’un, on se sent vulnérable. On part à la découverte de l’autre, on se laisse émouvoir et on s’expose en accordant sa confiance. « (…) l’amour est toujours un risque, explique la psychanalyste Catherine Audibert, car tout amour contient en lui-même le risque de la perte. C’est pour cela que peur et amour sont indissociables, et c’est ce qu’il nous faut aussi accepter pour pouvoir aimer. »

Or, dans certains cas, les craintes prennent le pas sur le désir de bonheur que pourrait apporter une relation. Jean-Michel Jakobowicz, spécialiste du couple, explique que la peur de l’engagement trouve ses origines dans un faisceaux d’incidents : « Souvent, ces incidents remontent à l’enfance : il peut être question de scènes ressenties comme violentes entre les parents, d’une rupture ou d’un divorce douloureux de ceux-ci, de ruptures amicales ou amoureuses, personnelles ou vécues par des proches... Ces événements, sur le moment ressentis comme majeurs (souvent oubliés par la suite), peuvent laisser des traces dans l’inconscient de l’enfant. »
L’enfant développe alors une angoisse liée à la peur de souffrir et l’adulte qu’il devient considère que « quoiqu’il arrive, toute relation amoureuse est vouée à l’échec. D’où la question : " est-ce que cela vaut la peine de souffrir pour un moment de bonheur éphémère ? Et la réponse est souvent négative. »

Un manque d’estime de soi

Il est parfois difficile de croire qu’on peut susciter l’intérêt de quelqu’un. Une petite voix intérieure insinue qu’on n’est pas assez bien pour l’être aimé, qu’on ne mérite ni son attention, ni son amour. Or, s’aimer soi-même est nécessaire pour accepter l’amour de l’autre. « La configuration première des liens amoureux se tricote dans l’enfance, détaille Vincent Estellon, psychanalyste. Ce qui s’est noué dans les liens affectifs familiaux constituera le socle narcissique sur lequel l’enfant se développera. De là naîtra, ou pas, le sentiment que l’on est aimable, respectable et que l’on peut faire confiance. »

Des mécanismes de défense puissants

Une personne qui a peur de s’engager se focalisera toujours sur les défauts : "trop ceci", "trop cela", ça ne va jamais ! Ou bien elle provoquera des disputes pour des riens qui rendront la relation invivable à l’autre ; ou bien encore elle choisira une personne avec qui elle n’a rien en commun. Dans tous les cas, aucune chance que ça marche !

Nous créons tous certaines barrières pour nous protéger. Mais parfois, cette autoprotection est exagérée et empêche de trouver le bonheur. C’est pourquoi la connaissance de soi est si importante en amour, afin de lui laisser sa chance.

Avez-vous ressenti aussi cette peur d’aimer ?

Sources :
Biba, 26/08/20 : Peur de l’amour : les 3 raisons les plus communes
Psychologue.net, 04/06/20 : Pourquoi a-t-on peur de l’amour ?
Psychologies, 10/09/21 : Dépasser sa peur en amour, Flavia Mazelin Salvi