Lorsqu’on fait une rencontre amoureuse, une question finit souvent par se poser : est-ce la bonne personne ?

Parfois, elle surgit dès les premiers rendez-vous, lorsque l’attirance est forte et que l’on éprouve cette impression agréable d’avoir enfin rencontré quelqu’un qui nous correspond. D’autres fois, elle apparaît après plusieurs semaines, lorsque les premiers enthousiasmes laissent place à une découverte plus profonde de l’autre. Après une séparation, un divorce, un veuvage ou plusieurs expériences décevantes, cette interrogation peut prendre une importance particulière.
On souhaite aimer à nouveau, mais on aimerait aussi éviter de se tromper. Pourtant, comment pourrait-on être certain, dès le début d’une histoire, que cette personne sera celle avec laquelle on partagera les prochaines années de sa vie ?

Depuis que j’ai créé L’Agence L’Oasis en 2016, j’ai accompagné de nombreux célibataires dans leurs rencontres et j’ai vu se former des couples dont les histoires avaient commencé de façons très différentes. Certains avaient ressenti une attirance immédiate, tandis que d’autres avaient eu besoin de plusieurs rendez-vous pour découvrir leurs sentiments. Il m’est également arrivé de voir des personnes très enthousiastes après une première rencontre, puis réaliser, quelques semaines plus tard, qu’elles n’avaient finalement pas les mêmes attentes. C’est toute la difficulté de la rencontre amoureuse : ce que l’on ressent au début est important, mais ne nous dit pas encore tout de la relation qui pourrait se construire.

Le coup de foudre ne suffit pas à reconnaître la bonne personne

Nous accordons souvent beaucoup d’importance aux premières émotions. Une conversation qui semble ne jamais devoir s’arrêter, une attirance physique évidente, une complicité immédiate peuvent donner le sentiment d’avoir trouvé la personne que l’on attendait depuis longtemps. Ces moments sont précieux et il n’y a aucune raison de les minimiser. Mais une attirance intense ne garantit ni une entente durable ni une vision commune de la vie. On peut être séduit par quelqu’un, admirer sa personnalité, apprécier sa compagnie et découvrir ensuite que les différences sont trop importantes pour envisager un avenir ensemble.

À l’inverse, une rencontre peut commencer sans bouleversement particulier. On passe un bon moment, on trouve l’autre agréable, intéressant, peut-être même séduisant, mais on ne ressent pas immédiatement ce fameux déclic que beaucoup attendent. Faut-il pour autant renoncer ? Pas nécessairement. Dans mon métier, je constate que certaines relations ont besoin de temps pour prendre une dimension amoureuse. La première rencontre permet de faire connaissance, la deuxième de se retrouver avec un peu moins d’appréhension, et les suivantes de découvrir des aspects de la personnalité qui n’apparaissent pas forcément au premier rendez-vous. Bien entendu, il ne s’agit pas de se forcer lorsqu’aucune attirance n’existe ou que l’on ne se sent pas bien avec quelqu’un. Mais lorsqu’une personne nous plaît suffisamment pour éveiller notre curiosité, pourquoi exiger que tous les sentiments soient déjà présents ?

Il arrive aussi que les débuts soient maladroits. Deux personnes peuvent se plaire sans parvenir immédiatement à se comprendre. L’une est spontanée et démonstrative, l’autre plus réservée. L’une a besoin d’être rassurée, l’autre exprime difficilement ce qu’elle ressent. Certaines personnes retrouvent assez naturellement leurs habitudes de couple, tandis que d’autres, après de longues années de célibat, ont besoin de temps pour laisser une place à quelqu’un dans leur vie.
Une relation qui commence avec quelques hésitations n’est pas nécessairement une relation vouée à l’échec. Ce qui mérite notre attention, c’est la volonté des deux personnes de se découvrir et de dépasser leurs premières maladresses.

Ce qui permet réellement de reconnaître une relation qui a de l’avenir

Avec le temps, les sentiments ne sont plus les seuls éléments qui comptent. La manière dont on se comporte l’un envers l’autre devient tout aussi révélatrice. Une personne peut nous dire qu’elle tient à nous, mais prend-elle réellement de nos nouvelles ? Respecte-t-elle ses engagements ? Cherche-t-elle à nous voir ? S’intéresse-t-elle à notre vie, à nos préoccupations, à ce qui nous rend heureux ou nous inquiète ? Dans une relation naissante, les petites attentions et la cohérence entre les paroles et les actes en disent souvent davantage que de grandes déclarations. Il ne s’agit pas de mesurer chaque geste ou d’attendre que l’autre se comporte exactement comme nous, mais de sentir que l’intérêt est partagé et que chacun contribue à faire avancer la relation.

Un autre élément essentiel est la possibilité de rester soi-même. Lorsqu’on souhaite vraiment plaire, on peut être tenté de masquer certains aspects de sa personnalité, de minimiser ses attentes ou d’accepter des situations qui ne nous conviennent pas. On peut aussi chercher à correspondre à l’image de la femme ou de l’homme idéal que l’autre semble attendre. Mais cette attitude devient difficile à maintenir au fil des mois. Une relation durable suppose que chacun puisse exprimer ses goûts, ses convictions, ses besoins et ses désaccords sans craindre constamment de décevoir. Cela ne signifie pas que l’on doit tout accepter chez l’autre ou refuser de faire des concessions. Au contraire, construire un couple demande des ajustements. Mais il existe une différence entre faire une place à l’autre et s’effacer pour conserver son affection.

La compatibilité des projets de vie compte également beaucoup. Deux personnes peuvent éprouver de véritables sentiments sans envisager leur avenir de la même façon. L’une souhaite vivre rapidement sous le même toit, tandis que l’autre tient à conserver son domicile. L’une rêve de voyages et de découvertes, l’autre préfère une vie plus sédentaire. La place des enfants, des petits-enfants, de la famille, les habitudes de vie, la situation financière, les convictions personnelles ou encore le besoin d’indépendance peuvent devenir des sujets importants. Ces différences ne sont pas toutes insurmontables, loin de là. Encore faut-il pouvoir en parler et rechercher des solutions qui conviennent aux deux personnes. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles, dans mon agence, je m’intéresse autant aux valeurs et aux projets de vie qu’aux critères physiques ou aux centres d’intérêt.

Je rencontre régulièrement des célibataires qui pensent devoir partager les mêmes passions pour former un couple heureux. Pourtant, un homme passionné de voile peut parfaitement construire une belle relation avec une femme qui préfère la lecture ou les sorties culturelles. Ils pourront partager certaines activités et conserver chacun leurs loisirs. En revanche, si leurs attentes concernant l’engagement, la fidélité, la famille ou la vie quotidienne sont profondément incompatibles, les difficultés risquent d’être autrement plus importantes. Avoir des goûts communs facilite parfois la rencontre, mais partager une conception compatible de la vie à deux contribue davantage à construire une histoire durable.

La bonne personne n’est pas celle avec qui tout est toujours facile

Il existe une idée assez répandue selon laquelle, lorsqu’on rencontre la bonne personne, tout devrait être simple et naturel. On devrait se comprendre sans avoir besoin de s’expliquer, être toujours d’accord et ne jamais rencontrer de véritables difficultés. Cette vision me paraît bien éloignée de la réalité d’un couple. Deux personnes arrivent dans une relation avec leur histoire, leur éducation, leurs habitudes, leur caractère et parfois les blessures laissées par leurs expériences précédentes. Même lorsqu’elles s’aiment sincèrement, elles ne réagissent pas toujours de la même manière et n’ont pas nécessairement les mêmes besoins au même moment.

Les premières difficultés peuvent d’ailleurs apparaître assez tôt. Une incompréhension, un rendez-vous reporté, une parole maladroite ou une différence dans la fréquence des échanges peuvent provoquer des tensions. Ce n’est pas forcément inquiétant. Ce qui compte davantage, c’est la manière dont chacun réagit. Peut-on expliquer ce que l’on ressent sans que la discussion tourne immédiatement au conflit ? L’autre est-il capable d’entendre un point de vue différent du sien ? Chacun accepte-t-il de reconnaître ses maladresses et de faire un pas vers l’autre ? Une relation se construit aussi à travers ces moments où l’on apprend à mieux se comprendre.

Il ne faudrait cependant pas confondre les difficultés ordinaires d’une relation avec des comportements qui abîment profondément la confiance. Les mensonges répétés, le mépris, les humiliations, la manipulation ou le non-respect des limites de l’autre ne sont pas de simples différences de caractère auxquelles il faudrait s’habituer. On ne peut pas non plus construire seul une relation à deux. Lorsque les efforts, les concessions et les initiatives reposent toujours sur la même personne, il est légitime de s’interroger sur l’équilibre du couple. L’amour ne devrait pas devenir une succession de sacrifices consentis par l’un pour satisfaire l’autre.

Il faut également accepter que la relation évolue. Les premiers mois sont souvent consacrés à la découverte et aux moments agréables. On choisit ses sorties, on se prépare pour les rendez-vous, on profite du plaisir de se retrouver. Puis le quotidien prend progressivement sa place, avec les contraintes professionnelles, les obligations familiales, la fatigue et les imprévus. C’est à ce moment-là que l’on découvre une autre dimension de la vie à deux. Apprécie-t-on toujours la compagnie de l’autre lorsque rien d’extraordinaire n’est prévu ? Peut-on partager des moments simples, respecter le besoin de tranquillité de chacun et continuer à avoir plaisir à se retrouver ? Une relation durable ne se nourrit pas uniquement de voyages, de restaurants ou de week-ends romantiques. Elle se construit aussi dans l’ordinaire.

Et si la bonne personne ne correspondait pas exactement à notre idéal ?

C’est une situation que j’ai souvent rencontrée au cours de mon activité. Des femmes et des hommes arrivent avec une idée assez précise de la personne qu’ils souhaitent rencontrer. Ils ont imaginé son apparence, son âge, sa profession, son caractère, parfois même ses loisirs et sa manière de vivre. Certains critères sont essentiels et doivent être respectés. D’autres sont davantage liés à une représentation que l’on s’est construite au fil du temps. Or, il arrive qu’une personne qui ne correspond pas exactement à ce portrait nous apporte quelque chose que nous n’avions pas envisagé.

J’ai vu des couples se former alors que l’un des deux ne correspondait pas entièrement aux critères annoncés au départ. Ce qui avait finalement compté, c’était la qualité des échanges, l’attirance qui s’était développée, les valeurs partagées et le plaisir de se retrouver. Cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à ses attentes ou accepter une relation qui ne nous convient pas. Mais il peut être utile de distinguer ce qui est réellement indispensable à notre bonheur de ce qui relève d’une préférence ou d’une habitude.

Après plusieurs déceptions, on peut également avoir tendance à rechercher des garanties. On aimerait savoir si l’autre sera toujours présent, si les sentiments dureront, si la relation résistera aux difficultés. Pourtant, aucune rencontre ne permet d’obtenir de telles certitudes. Même deux personnes profondément compatibles devront entretenir leur relation, apprendre à traverser les changements de la vie et continuer à se choisir au fil des années. Reconnaître la bonne personne ne signifie donc pas avoir la garantie que rien ne viendra jamais perturber le couple.

Alors, comment savoir si c’est la bonne personne ?
Peut-être en cessant de chercher une évidence absolue et en regardant ce qui se construit réellement. Lorsque l’attirance est présente, que l’on éprouve du plaisir à être ensemble, que l’on peut rester soi-même, que les valeurs essentielles se rejoignent et que chacun manifeste une envie sincère de faire avancer la relation, il existe de belles raisons de poursuivre l’histoire. Et lorsque surviennent les premières difficultés, la capacité à dialoguer, à se respecter et à rechercher ensemble des solutions peut en apprendre beaucoup sur l’avenir possible du couple.

La bonne personne n’est pas une personne parfaite, ni nécessairement celle avec laquelle tout est facile dès les premiers jours. C’est celle que l’on apprend à connaître, que l’on continue d’apprécier au-delà des premières émotions et avec laquelle l’envie de construire une vie commune devient progressivement réciproque.
On ne reconnaît pas toujours une belle histoire au moment où elle commence. Parfois, c’est en la vivant que l’on découvre toute sa valeur.

Béatrice Paul
Fondatrice de L’Agence L’Oasis

Depuis 2016, j’accompagne des femmes et des hommes célibataires dans leur recherche d’une relation sérieuse et durable. À L’Agence L’Oasis, agence de rencontres sérieuses en Bretagne, je privilégie la connaissance des personnes, la compatibilité des valeurs et des projets de vie ainsi que la qualité des rencontres, avec une conviction : une belle relation ne se résume pas à une liste de critères, elle se découvre et se construit à deux.